Après la reconquête de La Rochelle par les Français en 1372, d’importants travaux de fortification sont réalisés, notamment la construction des tours du port, dont la tour Saint-Nicolas et la tour de la Chaîne, sur des terrains gagnés sur la mer. Érigée sur un sol marécageux, la tour Saint-Nicolas repose sur des pieux en chêne de six mètres ancrés dans la vase et renforcés par des pierres. Toutefois, en raison du poids de l’édifice et de la nature instable du sol, des désordres structurels apparaissent dès la construction, entraînant une inclinaison vers l’est. Pour stabiliser la tour, les bâtisseurs élargissent les fondations et parviennent à redresser la partie supérieure. Malgré cela, des fissures continuent de se former et de s’aggraver au fil des siècles. Face à l’évolution de ces dégradations, le Centre des monuments nationaux a mis en place un suivi de la tour en 2019 grâce à des instruments de mesure permettant d’analyser ses mouvements et les fissures. Une étude approfondie est menée pour comprendre les dynamiques du sous-sol et des structures. L’analyse des données met en évidence une évolution des mouvements depuis le printemps 2024 selon un schéma légèrement différent de celui identifié jusqu’alors, conduisant à l’adaptation du dispositif de surveillance et à des investigations complémentaires dans les sols et la maçonnerie. Une opération de sondages dans les sols et les maçonneries de la tour a eu lieu au premier semestre 2024. Cette étude, dirigée par Olivier Salmon, Architecte en chef des monuments historiques, en partenariat avec AEGIS, a révélé des signes préoccupants de détérioration des fondations, menaçant la stabilité du monument. Une intervention urgente est nécessaire, le projet vise à stabiliser la structure notamment par des techniques de frettage pour enserrer les maçonneries et limiter les déformations : pose de tirants, de cerclages en partie haute et d’un corset métallique en partie basse. Des travaux de renforcement comprenant le rejointoiement des maçonneries, un coulinage à la chaux pour combler les vides, et un brochage en fibres de verre pour renforcer les structures, seront également à prévoir par la suite.
Maître d’oeuvre : Olivier Salmon, Architecte en chef des monuments historiques
Calendrier prévisionnel : à définir avec les résultats de l’étude des phénomènes géotechniques et structurels (finalisation après les grandes marées de mars 2025)
Budget prévisionnel de l’opération d’urgence : 1,4 M € HT (estimation globale à affiner)